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Antoine Marszalek : « la réhabilitation des logements existants ? Un énorme enjeu social et écolo ! »

Antoine Marszalek a 25 ans et habite Villeneuve d’Ascq depuis 4 ans : d’abord à la Cousinerie, puis à Triolo. Ce jeune enseignant en mathématiques, qui effectue des remplacements dans les collèges et les lycées, s’est engagé pour la première fois en politique durant cette campagne des élections Municipales. C’est d’abord au sein du collectif « Décidez-vous-même pour Villeneuve d’Ascq », puis sur notre liste pour le second tour qu’il a trouvé ce qu’il recherchait : une approche citoyenne et participative de la démocratie. Nous l’avons rencontré pour évoquer la question du logement à Villeneuve d’Ascq… Un vrai cheval de bataille pour lui, depuis ses années d’études aux côtés d’étudiants défavorisés, logés dans les résidences délabrées du CROUS.  

Villeneuve d’Ascq est la ville de la Métropole qui compte le plus de logements sociaux : 46,5% du parc. Quel diagnostic posez-vous sur ce chiffre ?

Pendant la campagne pour les élections municipales, j’ai énormément appris sur ce sujet lors des porte à porte, et pendant tous les échanges que nous avons eus avec les citoyens, via le site web de « Décidez vous-mêmes » ou lors de nos ateliers. Le constat que je fais à l’issue de tout ça, c’est que beaucoup de logements sociaux à Villeneuve d’Ascq sont mal entretenus et malsains.

Dans mon quartier à Triolo, à la Cousinerie aussi, il y a beaucoup de logements avec de gros problèmes d’humidité. Certains habitants, dont des enfants, souffrent de problèmes respiratoires liés à ça. Dans le quartier de l’Hôtel de Ville, allée Van Gogh, il y a des rats dans les sous-sols depuis le démarrage des travaux. J’ai aussi rencontré beaucoup de Villeneuvois qui vivent dans des logements trop petits, surpeuplés. Une jeune fille de 12 ou 13 ans contrainte de dormir sur un matelas par terre dans un cagibi, par manque de place… Il y a également de gros problèmes d’isolation, des gens qui passent l’hiver dans le froid avec des fenêtres qui ne ferment pas. Comment ne pas citer aussi la résidence du Terroir, à Triolo, qui concentre à elle seule tous les problèmes des logements sociaux villeneuvois ?

L’état déplorable du parc social, c’est vraiment un problème large que l’on retrouve dans énormément de quartiers de la ville. Les bailleurs ne veulent pas rénover, ils considèrent que ce n’est pas dans leur intérêt. Eux, ils revendent leur parc une fois qu’il est trop délabré afin que le coût des rénovations revienne aux acheteurs. Puis ils vont reconstruire ailleurs, avec les problèmes d’étalement urbain que cela pose…  

J’ai aussi envie de parler des bureaux. Il y a énormément de bureaux à Villeneuve d’Ascq… et beaucoup d’immeubles qui restent vides… alors qu’on continue à en construire ! Pour moi ce n’est pas logique.

Le logement est une compétence qui relève de la Métropole Européenne de Lille. Que pensez-vous de son action sur le sujet ?

Je pense que la Métropole sous sa forme actuelle est beaucoup trop passive en matière de foncier et face aux bailleurs sociaux. Nous lorsqu’on sera élus, on veut s’opposer, voire forcer la main si nécessaire pour que les bailleurs agissent. Tout ça, c’est avant tout une question de volonté politique. Et la municipalité actuelle ne porte pas du tout cette volonté. Nous la porterons une fois élus. D’ailleurs, quand on sait que le président de LMH (NDLR Lille Métropole Habitat, un des principaux bailleurs sociaux de la Métropole) siège au sein de la majorité actuelle villeneuvoise, on est en droit de s’interroger !

Cela dit on ne peut pas dire que rien n’est fait. Des rénovations, il y’en a. Il y en a eu d’importantes ces dernières années dans le quartier Pont de Bois, à la Cousinerie aussi. Mais là aussi j’ai envie de pointer un problème : ce sont toujours des travaux longs et très souvent menés avec un vrai manque de respect des habitants. Je me souviens d’une famille qui nous avait confié être restée plusieurs jours avec un trou dans son mur en plein hiver, parce que le bailleur était en train de leur changer un vélux. Ces gens auraient du être relogés le temps des travaux. Il n’en a même pas été question.

En tant que candidat sur notre liste et futur conseiller communautaire, que défendrez vous à la Métropole Européenne de Lille, sur cette question du logement ?

On veut y aller ! Je l’ai déjà dit tout à l’heure, mais on veut oser, on veut vraiment pousser les bailleurs sociaux à agir. On veut arriver à une augmentation du parc de logements sociaux et surtout de logements très sociaux, qui eux ne sont pas en nombre suffisant pour répondre à la demande.

Nous mènerons aussi une campagne de réhabilitation et d’isolation des logements existants, en ciblant en priorité les personnes dites « précaires énergétiques ».  L’enjeu est à la fois social et écologique. Avec des mesures comme celle-ci, on lutte contre les inégalités tout en réduisant notre empreinte carbone.

Pour aider les personnes, nous voulons aussi faciliter l’échange de logements sociaux entre les personnes dont le logement ne répond plus à leurs besoins, parce qu’il est devenu trop petit ou trop grand. Et nous renforcerons les aides financières à destination de ceux qui rencontrent des difficultés à payer leur loyer. Dans un contexte de crise économique c’est plus indispensable que jamais.

Pourquoi avoir rejoint notre liste et lui accorder votre soutien ? Qu’auriez-vous envie de dire à un villeneuvois qui hésiterait encore à se rendre aux urnes pour le second tour ?

D’abord, j’ai envie de dire que ce n’est pas « moi » qui soutient votre liste… C’est nous, l’ensemble du collectif « Décidez-vous-même pour Villeneuve d’Ascq ». Nous avons fait ce choix collégialement. Nos méthodes et nos approches ont toujours été très proches, très convergentes. Nous étions aussi très proches de par nos préoccupations écolos… Nous partageons une volonté forte de changer les choses, de penser à nos enfants, de ne pas leur laisser une planète délabrée… Et nous partageons aussi la conviction que c’est maintenant qu’il faut agir, pour forcer la main aux pollueurs et à tous ceux qui produisent de la précarité. Bref, l’accord de fusion s’est fait sur des points de détail, mais nous rejoindre était vraiment une évidence depuis longtemps.

 La plupart des gens qui ne votent pas ont une très bonne raison de ne pas le faire : ils ne croient plus en la politique. Et on peut les comprendre. Gérard Caudron a peut être fait beaucoup pour la ville mais aujourd’hui il se repose sur ses acquis et ne fait plus grand-chose de bon pour la ville. Après six mandats il ne peut pas incarner le changement… Et ce changement n’arrivera pas si on ne se déplace pas aux urnes pour voter pour les bonnes personnes. Les personnes qui incarnent le renouveau et portent le programme vraiment écologique et populaire dont nous avons besoin. A Villeneuve d’Ascq, il n’y a que notre liste qui incarne ce renouveau !   

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