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Fabien Delecroix : « Villeneuve d’Ascq peut devenir exemplaire en matière de transports ! »

Fabien Delecroix, 31 ans, réside à Flers-Château depuis 2 ans, et dans la Métropole lilloise depuis toujours. Docteur en informatique de formation, il travaille aujourd’hui comme enseignant. Outre son engagement dans la démarche « Villeneuve d’Ascq 2020 : citoyenne, écolo, solidaire », il milite pour les transports en commun au sein du collectif d’usager-e-s des transports de la MEL.

Quelles sont les spécificités de la mobilité aujourd’hui à Villeneuve d’Ascq ? Identifiez-vous des manques ? Comment pourrait-on y répondre ?

Villeneuve d’Ascq occupe une place de premier plan dans la métropole lilloise. Ville universitaire, le premier métro automatique du monde y a été conçu, la reliant à Lille. Ville vaste et ville de nature, ville de passage et ville destination, toutes les formes de mobilités y cohabitent : du piéton à la voiture, du fauteuil roulant au bus, du vélo au métro, de la trottinette au train.

De par son étendue, les modes de transports varient d’un quartier à l’autre de Villeneuve d’Ascq, laissant parfois la part belle aux modes doux, parfois davantage aux modes motorisés et polluants. Sur le plan des transports en commun, des inégalités sont à relever avec par endroit des dessertes nombreuses et régulières, en métro ou en liane, et pour d’autres, de véritables lacunes dans le maillage du réseau de transport en commun.

Depuis janvier dernier, avec la mise en place du nouveau plan bus, concomitant avec le changement de nom, Ilévia, la situation s’est dégradée. Baisse de fréquence et d’étendue horaire pour de nombreuses liaisons, un constat généralisable à l’ensemble de la métropole lilloise. Côté vélo, on notera le déclin du V’Lille avec le redéploiement d’une partie des stations villeneuvoises dans le centre de Lille. Pour ce qui est du train, la ligne Lille-Pont de Bois-Orchies est à redévelopper, elle permettrait de pallier la saturation du tronçon de métro correspondant et à un manque d’alternatives à la voiture pour le sud-est de la métropole. Le métro, pour y revenir, n’a toujours pas été doublé sur la ligne 1, provoquant congestion, défaut de fiabilité et donc stress pour les usagers. Le temps d’avance que nous avions en matière de transports publics est à présent un temps de retard. La faute à une politique loin d’être à la hauteur des enjeux environnementaux, sanitaires et sociaux sous-tendus par ces questions. Ainsi, une majorité d’élus à la MEL ont fait le choix des portiques d’accès au coût exorbitant ainsi que d’une logique marchande, comptable et rentabiliste, oubliant l’essentiel.

Fin des travaux en... 2017 !
Fin des travaux de modernisation en ... 2017 !

Notre ville peut devenir exemplaire en matière de transport, porter avec force la voix de l’écologie et de la solidarité en défendant des transports durables et doux à la fois au niveau local et au niveau métropolitain.

Et vous, pour quoi militez-vous ? Vous l’avez dit, beaucoup de choses se décident à l’échelle métropolitaine sur ce sujet… et au niveau local, qu’est ce qui peut se jouer pour faire bouger les choses ?

Très clairement, c’est une question qui se joue avant tout au niveau métropolitain. Pour autant, il ne faut pas oublier que les élections municipales établissent aussi les forces en présence au conseil de la métropole. Ce qu’on peut attendre de nos élus, c’est de voter convenablement à la MEL. Or, ça n’a pas été le cas avec d’une part, le choix des portiques, et d’autre part, celui de la baisse de budget et

donc du service de bus. Ce qui peut être envisagé à un niveau local, c’est une politique moins permissive envers l’automobile, notamment en ce qui concerne le stationnement. En effet, l’automobile prend trop souvent, une place considérable sur les trottoirs et les voies cyclables, venant empiéter sur les modes plus doux. C’est pourquoi, il faut être intransigeant pour que la place des fauteuils roulants, piétons, cyclistes, trottinettes, etc. soit respectée. C’est aussi une question de sécurité.

Par ailleurs, il s’agit de multiplier les aménagements permettant de laisser son vélo à l’abri des intempéries et du vol. La transition pour les transports de demain, ça commence aussi dès l’école, avec la promotion et l’éducation au vélo.

Pourquoi avez-vous été sensible à notre démarche ? Pourquoi la soutenez-vous ? Que pourriez-vous dire à un villeneuvois qui hésiterait à rejoindre votre collectif ?

Ce qui m’a plu dans la démarche « Villeneuve d’Ascq : écolo, citoyenne, solidaire », c’est d’abord évidemment les valeurs portées, dans lesquelles je me retrouve pleinement et que je défends dans mon action militante associative. J’apprécie aussi que l’initiative ne soit pas au service d’un parti, ce qui évite de la voir polluée par des crispations inhérentes à des querelles nationales et des enjeux de pouvoir qui dépassent l’échelle locale. Ici, la logique est inversée : les partis compatibles avec nos valeurs sont les bienvenus mais dans un rôle de soutien. Enfin ce qui m’a conforté, c’est évidemment le plan humain : j’y ai retrouvé des personnes qui portent depuis longtemps ces va-leurs et en ai découvert de nouvelles qui s’impliquent avec la volonté de les servir, de servir leur ville, de bien faire.

J’espère que cette démarche ouverte continuera à être rejointe par des habitantes et habitants de tous les quartiers.

Ce que je peux dire à quelqu’un qui hésiterait à rejoindre notre collectif, c’est tout simplement de venir nous rencontrer, d’essayer, de discuter, d’échanger, de se faire sa propre idée, de voir si nos idées et pratiques lui font écho. Parfois, les gens peuvent aussi craindre ne pas être légitimes. Dans ce cas, justement, le sens de notre démarche est de permettre une expression et une participation larges. Bien souvent, les points de vue des personnes qui se sentent moins légitimes sont particulièrement précieux car moins exprimés. Toute personne qui a envie de se mettre au service de l’intérêt général, dans un esprit collectif, a toute sa place et est la bienvenue.

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