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Françoise Carlier : « Rendre la culture accessible à tous les Villeneuvois ! »

Françoise Carlier habite Villeneuve d’Ascq depuis 1986. Pendant toute sa carrière, cette professeure de français aux collèges Camille Claudel et Rimbaud a œuvré sans relâche pour l’accès à la culture de ses élèves, et notamment au théâtre. Elle a également exercé des responsabilités au sein du conseil municipal : elle y a été adjointe aux politiques culturelles.

 

Quel regard posez-vous sur la vie culturelle villeneuvoise ? Quels sont ses points forts ? A-t-elle des faiblesses et, si oui, lesquelles ?

La vie culturelle villeneuvoise est particulièrement dense. La ville bénéficie, par exemple, d’un grand musée métropolitain : le LAM, d’une scène nationale :  la Rose des Vents, ou encore du Forum des Sciences, première structure scientifique de province. Elle dispose aussi d’équipements municipaux appréciables comme la Médiathèque, plusieurs musées dont Asnapio, le Musée du terroir etc…

Elle propose des lieux d’accueil des pratiques amateurs (et professionnelles, le cas échéant) tels que la ferme d’en Haut, la grange de la ferme Dupire, ou encore les studios de répétition de musique et de danse de la carrière Delporte. Autant d’endroits qui viennent enrichir ce tissu culturel, notamment grâce à l’implication de nombreux bénévoles.

L’engagement des bénévoles est  vraiment quelque chose d’essentiel dans la vie culturelle villeneuvoise. C’est particulièrement frappant dans le domaine de la lecture publique. Nous avons une  médiathèque très complète et efficace mais qui ne peut pas« irriguer » tous les quartiers. Ce sont les bibliothèques associatives, au nombre de 8, qui s’en chargent. Celles-ci sont hébergées par la Ville qui supporte également les frais liés à la consommation des fluides. Par contre, elles  fonctionnent avec des moyens très modiques : une subvention extrêmement  basse (de 1000 à 1500€ par an !),qui les contraint à faire payer les prêts de livres, et l’investissement personnel des bénévoles, certes très motivés.

 Un autre constat un peu du même ordre : à Villeneuve d’Ascq, les écoles d’art et de musique sont associatives. Même si elles proposent un enseignement de qualité, elles sont  trop peu subventionnées pour proposer des tarifs accessibles à tous et assurer une véritable stabilité aux intervenants.

Pour pallier à ces problèmes, des efforts sont faits : il existe des bourses d’enseignement artistique, un dispositif que j’ai mis en place lors de mon mandat… Mais c’est loin d’être suffisant et assez connu par les Villeneuvois qui pourraient y prétendre.

En résumé, la vie culturelle villeneuvoise est très riche et diversifiée. Elle mérite, cependant, des moyens professionnels plus importants et, surtout, elle doit être accessible à toutes et tous.

D’après vous, les politiques culturelles villeneuvoises sont-elles vraiment au service des Villeneuvois ?

Les structures les plus prestigieuses drainent un public villeneuvois mais aussi beaucoup plus large et nous pouvons nous réjouir de l’attractivité de notre ville. Pour qu’un plus grand nombre de Villeneuvois bénéficient tant de leurs offres que de celles des multiples associations culturelles de la ville, il faut développer les aides tarifaires, mais aussi la médiation et la communication. Pour beaucoup, le théâtre et le musée, ce n’est « pas pour eux ! »

Qu’est ce qui se joue à l’échelle de la ville de Villeneuve d’Ascq, en matière de politiques culturelles ? Que pourrait faire la ville pour aider la culture à s’épanouir encore davantage dans notre ville, et à le faire au bénéfice de toutes et tous ?

D’abord, et là c’est l’enseignante qui parle, je pense que la Ville peut et doit jouer un rôle important dans le développement de  la culture à l’intérieur des écoles. La culture, je la vois comme un moyen de s’ouvrir aux autres, de développer sa citoyenneté, son esprit critique, c’est vraiment quelque chose d’essentiel. En plus, c’est un moyen de toucher les parents… On a tout à y gagner, et il y a de nombreuses manières de procéder. Cela peut passer, par exemple, par des partenariats entre les établissements et les structures culturelles de la ville. Des dispositifs existent pour aider à cela, comme les CLEA (Contrats Locaux d’Education Artistique). Pour ce faire, il faudrait aussi faciliter la connaissance du terrain culturel auprès des enseignants.

La Ville doit aussi créer des écoles de musique et d’art au statut municipal. Elles pourraient accompagner les structures associatives existantes et offrir à ceux qui en ont besoin des tarifs beaucoup plus accessibles. Les deux pourraient cohabiter.

Il faudrait aussi plus et mieux accompagner les bénévoles des bibliothèques associatives, et en particulier augmenter leurs moyens pour qu’ils puissent davantage renouveler leurs fonds d’une part et d’autre part, qu’ils n’aient plus besoin de faire payer la location des livres.

Pour ce qui est de l’accessibilité, j’ai cité trois axes de travail. D’abord, la tarification : il faudrait, par exemple, faire connaître beaucoup plus largement les chèques crédit loisirs et les bourses d’enseignement artistique. Rendre les démarches  pour y accéder plus simples, plus lisibles. Pour l’instant certaines aides sont délivrées par le CCAS, d’autres par la mission locale. Il faut décentraliser tout ça, et communiquer pour que les gens s’en emparent ! Ensuite, la médiation : aller chercher le public « exclu » là où il se trouve, dans les différents quartiers de la ville. Ce travail induit de mettre en lien les structures culturelles et les centres sociaux, les associations d’insertion. Enfin la communication : il faut faire connaître l’offre culturelle et les dispositifs d’accompagnement financier à tous.

Par ailleurs, l’accessibilité, c’est aussi un problème de déplacements et, là, on rejoint le sujet de la mobilité. Pour que les Villeneuvois fréquentent les établissements culturels de leur ville, ils doivent pouvoir s’y rendre facilement.

En résumé, il s’agit d’éduquer dès le plus jeune âge, de rendre accessible, de créer des ponts. J’ai vraiment la conviction que c’est à ce niveau-là que, demain, la municipalité pourra soutenir et accompagner les dynamiques culturelles fortes et riches qui l’animent déjà.

Pourquoi avez-vous été sensible à la démarche "Villeneuve d'Ascq 2020 : citoyenne, écolo, solidaire" ? Pourquoi la soutenez-vous ?

Je suis militante au Parti Communiste depuis 1974. Un engagement fort et de longue date, qui fait que je n’imaginais pas rester en dehors de ces élections municipales et y assister en spectatrice. En 2020, mes camarades et moi-même étions bien décidés à participer, comme toujours, à cette campagne et à faire entendre notre voix dans le débat sur l’avenir de notre ville. En revanche, nous ne voulions pas rester isolés. Nous étions donc ouverts à la discussion avec toutes les forces politiques de gauche et nous appelons toujours à un large rassemblement. J’ai vraiment apprécié la démarche citoyenne du collectif « Villeneuve d’Ascq 2020 : citoyenne, écolo, solidaire ». Je me suis retrouvée dans les valeurs de sa charte d’engagement, même si j’avoue être plus sensible à la dimension citoyenne et solidaire qu’à la question écologique. Cela dit, dans ce domaine je découvre des choses, c’est une expérience très enrichissante. J’espère vraiment que cette belle aventure collective se poursuivra au-delà des élections avec des élus au conseil municipal, qui porteront notre voix et feront vivre nos propositions !

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