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La gratuité des transports en commun : oui, mais comment ?

Notre programme pour Villeneuve d’Ascq se décline autour de 9 thèmes principaux : transition écologique, gouvernance de la ville, justice sociale, mobilités, économie, nature et biodiversité, tranquillité publique, sport, culture et vie associative. Un choix qui nous a conduit à traiter d’autres sujets essentiels de manière transversale. Après la jeunesse, le logement et la santé, la question de la gratuité des transports en commun.

La gratuité des transports en commun a le vent en poupe : l’expérience dunkerquoise fait des émules et inspire nombre de listes candidates aux élections municipales sur le territoire de la Métropole européenne de Lille (MEL), y compris à Villeneuve d’Ascq. Y compris des listes menées par des maires sortants ayant voté pour l’installation de portillons d’accès au métro… Nous avons également inscrit cette mesure dans notre programme, mais nous avons poussé la réflexion pour préciser les conditions dans lesquelles cette gratuité pourra être efficace.

La gratuité des transports en commun : pourquoi le faire ?

Il existe déjà une tarification solidaire sur le réseau de transport Ilévia, basée sur les revenus des personnes. Celle-ci reste inaccessible pour certains et, surtout, des personnes qui pourraient y avoir droit n’en profitent pas, soit parce qu’elles ne sont pas bien informées, soit parce qu’elles ont du mal à fournir tous les justificatifs. D’autres n’y ont théoriquement pas droit parce qu’elles se situent juste au-dessus des plafonds de revenus concernés, mais n’ont pas pour autant les moyens de payer le prix d’un abonnement plein tarif. La tarification solidaire a donc des défauts majeurs puisqu’elle laisse beaucoup de gens sur le côté.

Le développement des transports en commun, parallèlement à celui du vélo et de la marche, est essentiel pour diminuer l’usage de la voiture. Dans un contexte d’urgence climatique où il est indispensable de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre et où la pollution de l’air tue près de 1 700 personnes par an sur le territoire métropolitain, la gratuité des transports en commun est un argument pour inciter les personnes à laisser leur voiture au garage. Mais ce n’est pas le seul.

La gratuité des transports en commun : comment le faire ?

Nous avons beau être pour la gratuité, nous savons qu’elle ne sera efficace que si plusieurs conditions sont réunies :

  • Le réseau de transport en commun rendu gratuit devra être en capacité d’accueillir un nombre croissant de voyageurs, le tout dans de bonnes conditions. Le réseau de la Métropole européenne de Lille, en particulier le réseau de métro, est déjà saturé et doit donc être fortement développé pour supporter l’afflux créé par la gratuité tout en proposant une qualité de service exemplaire.
  • L’usage de la voiture doit être contraint sur l’ensemble du territoire métropolitain pour que la hausse du nombre de déplacements en transport en commun se double d’une baisse significative du nombre de déplacements en voiture. En revanche, la gratuité des transports en commun ne vise pas à diminuer les déplacements en à pied ou à vélo qui doivent être privilégiés : ils sont les moins coûteux pour la collectivité et bons pour la santé de celles et ceux qui les pratiquent !
  • La gratuité a un prix. Elle doit être financée pour ne pas être finalement abandonnée. Elle ne doit en aucun cas être synonyme de baisse des investissements en faveur des transports en commun ou de dégradation de service sous peine de devenir inefficace.

Ce que nous proposons pour mettre en oeuvre la gratuité des transports en commun

Dès le début du prochain mandat, nous mettrons en oeuvre la gratuité pour personnes au quotient familial 1, les jeunes de moins de 25 ans et les personnes à mobilité réduite. Nous améliorerons l’accompagnement des personnes ayant droit à la tarification solidaire en attendant l’effectivité de la gratuité totale.

Le doublement des rames de métro de la ligne 1 est annoncé pour avril 2023 et les premières lignes de tramway prévues par le Schéma directeur des infrastructures de transport de la MEL devraient sortir de terre avant la fin du mandat, soit un développement notable du réseau. Le renouvellement de la concession de service public transport en 2025 sera l’occasion de poursuivre le développement du réseau, en particulier en matière de lignes de bus, et offrira l’opportunité de mettre en oeuvre la révolution tarifaire que représente la gratuité sur un réseau étoffé, aux moyens dédiés augmentés. Nous n’attendrons évidemment pas cette date pour réparer le mal fait par la diminution des moyens consacrés aux transports en commun, votée par tous les maires sortants des communes de la MEL.

La diminution de l’usage de la voiture devra faire l’objet d’une vaste concertation citoyenne. Nous savons la question sensible et la gratuité des transports en commun pourra contribuer à rendre cette diminution acceptable dans une métropole où l’usage de la voiture est fortement ancrée dans nos habitudes. Nous lancerons une concertation citoyenne visant à co-produire et à co-décider une politique globale des déplacements sur le territoire métropolitain, incluant la marche, le vélo, les transports en commun, dont le train, et la voiture. Cette politique devra être socialement juste et contribuer à nos objectifs en faveur du climat. Les incitations, les contraintes et les financements de cette politique seront décidés à cette occasion.

Enfin, la gratuité des transports en commun est une politique de transition écologique. Nous interpellerons l’État qui doit donner aux collectivités locales les moyens de la mettre en oeuvre au niveau local.

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