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Pauline Ségard, candidate à la présidence de la Métropole européenne de Lille

Le jeudi 9 juillet dernier, les élu·e·s au Conseil de la Métropole européenne de Lille en ont élu le Président. Pauline Ségard a présenté sa candidature au nom du groupe « Métropole Écologiste,Citoyenne et Solidaire » dans lequel elle siège. Une candidature qui s’appuyait sur un projet métropolitain issu des programmes défendus par les différents membres du groupe et cohérent avec ce que nous avons défendu à Villeneuve d’Ascq.

Retrouvez le texte de son intervention ci-dessous et la version filmée ici.

« Mesdames et Messieurs les élu·e·s,

Je vous présente aujourd’hui ma candidature à la présidence de la Métropole européenne de Lille au nom du groupe « Métropole Écologiste Citoyenne et Solidaire ». Notre groupe porte un projet précis et ambitieux, avec la démocratisation de la MEL et la participation citoyenne comme méthode. L’un n’empêche pas l’autre. Nous savons où nous voulons aller, mais nous voulons décider du chemin pour nous y rendre avec la population métropolitaine, j’y reviendrai.

La défiance que les citoyennes et les citoyens ont exprimée à l’égard de la politique lors des deux tours des élections municipales nous oblige à plus et mieux les associer pour réactiver leur intérêt et leur confiance. Reconstruisons notre démocratie locale avec patience mais détermination. Rendons les décisions métropolitaines beaucoup plus collectives et transparentes.

Nos principes d’action seront les suivants : égalité des territoires, solidarité et coopération. Nous tirerons collectivement les leçons des ratés du mandat précédent et nous concrétiserons ses réussites.

Des ratés qui tiennent à une prééminence accordée à des projets communaux au détriment d’une vision métropolitaine cohérente et parfois de l’intérêt de toutes les Métropolitaines et de tous les Métropolitains. La diversité des territoires et des communes de notre Métropole et le respect de leur identité nous impose bien sûr de travailler étroitement avec leurs représentants, à commencer par leurs maires, dont la plupart siège dans cette assemblée. Cela est compatible avec l’ensemble de nos objectifs politiques qui doivent être déclinés au niveau de chaque territoire.

Un exemple très concret : la politique vélo de la MEL peut impliquer de prioriser des mesures différentes en fonction des communes :

  • à Erquinghem-Lys ou à Houplin-Ancoisne, cela peut vouloir dire créer une voie vélo séparée du trafic automobile vers les gares d’Armentières et de Seclin,
  • à Villeneuve d’Ascq qui accueille de nombreuses entreprises, de créer un maillage serré de stations V’lille pour permettre aux personnes arrivant en train ou en métro de finir leur trajet vers leur lieu de travail à vélo,
  • à Tourcoing de créer des voies cyclables séparées du trafic automobile sur toutes les 2×2 voies, etc.

La MEL peut et doit mieux accompagner les communes pour atteindre les objectifs qu’elle se fixe et ainsi créer un élan métropolitain localement ancré.

Justement, nos objectifs pour la Métropole, ses habitantes et ses habitants sont à la fois sociaux, démocratiques et écologiques. Ils sont les suivants :

  • transformer notre Métropole au bénéfice du climat et de notre santé, en diminuant de 45 % nos émissions de gaz à effet de serre en 2030 et en atteignant la neutralité carbone en 2050, en identifiant la contribution potentielle de chaque commune et en les aidant toutes à participer à l’effort collectif,
  • mener une politique ambitieuse en matière de transport accessible pour toutes et tous, tant en termes d’offre que de coût,
  • faire du logement abordable la grande cause du mandat à la fois en décuplant nos efforts en faveur des logements très sociaux et en luttant efficacement contre la précarité énergétique,
  • redéfinir l’attractivité de notre Métropole pour qu’elle vise avant tout la qualité de vie des populations qui y vivent déjà et qu’elle les aide à y rester;
  • sortir de la logique de concurrence entre les territoires, néfaste pour tout le monde et d’abord pour les personnes déjà fragilisées : les territoires qui se dévitalisent et les populations qui y ont un sentiment de déclassement et notre territoire qui concentre toutes les activités mais aussi toutes les nuisances qu’elles génèrent (pollution de l’air, bétonnisation, raréfaction et dégradation des ressources, etc.), nocives pour la santé et dégradant notre cadre de vie,
  • rendre notre Métropole véritablement démocratique en remettant les citoyennes et citoyens au cœur des décisions.

Atteindre ces objectifs exigera de faire des choix forts et courageux.

D’abord pour une Métropole écolo, nous défendons :

  • une déclinaison locale, au niveau de chaque territoire, des objectifs du PCAET mais aussi du futur Plan de déplacements urbains pour que les communes se les approprient et agissent en conséquence, avec l’aide de la MEL (exemple du plan de circulation),
  • la mise en place de la tarification incitative de la collecte des déchets et l’accent mis sur la prévention de la production de déchets, en partenariat avec l’ensemble des acteurs économiques,
  • le passage en régie de la distribution publique de l’eau, qui est un bien commun ; régie à laquelle le précédent Conseil métropolitain s’était majoritairement opposé,
  • un soutien massif à la rénovation énergétique des logements privés par la mise en place d’une structure de tiers financement, une mesure climatique mais aussi sociale en ce qu’elle permet de lutter efficacement contre la précarité énergétique. L’outil régional actuel n’est pas à la hauteur des besoins et la MEL doit donc être volontariste pour atteindre les objectifs du Plan Climat,
  • l’appui sur le PLU dynamique pour atteindre un objectif de zéro artificialisation des sols,
  • une Métropole saine, agréable à vivre partout et accueillante pour la biodiversité, grâce au développement de voies vertes et bleues sur tout le territoire métropolitain, la conversion progressive de toutes nos terres agricoles en bio et la création de 150 fermes de maraîchage bio en 6 ans.

En matière de transport, plusieurs mesures semblent faire consensus, comme celle d’augmenter le budget dédié aux politiques cyclables à hauteur de 100 millions d’euros par an et d’accélérer le rythme de réalisation du SDIT. Précisons quand même que ce budget alloué au vélo devra servir à créer un réseau express vélo irriguant l’ensemble du territoire métropolitain et au renforcement d’une offre de stationnement vélo sécurisée. Quant au SDIT, il devra être complété pour que le tramway desserve des zones qui n’auraient pas  dû être oubliées.

Nous proposons en plus de co-construire avec la population métropolitaine le futur Plan de Déplacements Urbains pour établir les conditions dans lesquelles l’indispensable diminution de la place de la voiture pourra se faire. Dans ce cadre, nous défendrons le développement et la gratuité des transports en commun comme facteurs d’acceptabilité de la limitation de l’usage de la voiture : un nouveau contrat social en quelque sorte. Nous élargirons d’ailleurs progressivement la Zone à Faibles Émissions au pôle urbain bien doté en transports en commun. La priorité donnée à la marche et au vélo dans nos déplacements quotidiens aura aussi des conséquences sur l’aménagement des espaces publics et ce dans toutes les villes.

Pour une Métropole solidaire, en particulier dans un contexte où une explosion du chômage et de la pauvreté s’annonce, nous mettrons en œuvre :

  • une politique économique privilégiant les activités contribuant à diminuer l’empreinte carbone de notre territoire, créatrices d’emplois non délocalisables et les productions de qualité, ainsi que le commerce de proximité,
  • la gratuité des transports en commun pour les personnes au QF1 dès cet automne, ainsi que l’amélioration de la tarification solidaire, et une gratuité pour toutes et tous d’ici la fin du mandat,

L’accès à un logement de qualité est la première condition de l’inclusion sociale et d’une vie digne. Pour le garantir, nous proposons :

  • l’extension de l’activité de l’Organisme de Foncier solidaire à l’ensemble du pôle urbain, car la cherté du foncier est un obstacle pour de nombreux aspirants à la propriété immobilière, pas seulement à Lille,
  • la priorité à la construction de logements très sociaux, de type PLAI, dans le cadre de la révision du Plan Local de l’Habitat : 71% des demandeurs de logement social sur le territoire métropolitain sont éligibles aux logements très sociaux qui ne représentent pourtant que 4% du parc social !
  • une bourse d’échanges pour les locataires du parc social, notamment pour répondre plus facilement aux problématiques de sur-peuplement, qui se sont révélées particulièrement dramatiques pendant le confinement.

Une attention particulière sera accordée aux quartiers en politique de la ville, dans lesquels vivent 207 000 personnes, soit près de 18% de la population. Pour que les opérations de rénovation urbaine améliorent le cadre de vie de celles et ceux qui y vivent déjà et ne les éloignent pas du pôle urbain.

Être solidaire, c’est aussi créer les conditions d’émancipation de toutes et tous :

  • nous mènerons une politique culturelle affranchie de la logique du marketing territorial en rééquilibrant les dépenses qui profitent trop souvent aux grands événements et en créant un fonds d’appui aux projets artistiques et aux lieux de culture indépendants.

Enfin, pour une Métropole citoyenne et démocratique :

  • nous défendrons au niveau national un changement de mode de scrutin, pour une assemblée paritaire et représentant également les Métropolitaines et Métropolitains, quelle que soit leur commune,
  • nous créerons un budget participatif métropolitain de l’ordre de 5 millions d’euros,
  • et une Commission Métropolitaine du Débat Public chargée de garantir la qualité de la concertation à toutes les échelles, de l’accessibilité de l’information et de la qualité des débats pour une démocratie éclairée.

C’est un projet cohérent que nous proposons aux Métropolitaines et aux Métropolitains. Un projet socialement juste, qui promeut des relations apaisées à la nature plutôt que des relations de prédation, qui vise à rendre du pouvoir de vivre et du pouvoir d’agir aux Métropolitaines et aux Métropolitains. Un projet par lequel nous les engagerons dans une formidable et profonde dynamique de changement sociétal.

Bien sûr, toutes ces propositions ont un coût. Elles contribueront aussi à créer des emplois durables et non délocalisables : dans le secteur de la rénovation énergétique, de l’économie circulaire, du réemploi et de la récupération. Au cours du précédent mandat, la MEL s’est créée des marges de manœuvre budgétaires que nous utiliserons pour investir. La mise en œuvre du budget climatique nous permettra aussi de rediriger les dépenses néfastes au climat vers des dépenses contribuant à nos objectifs politiques. Nous ne pourrons pour autant pas faire l’économie d’un lobbying intense auprès de l’État pour qu’il rende aux collectivités les moyens d’investir à la hauteur imposée par les urgences.

Pour créer l’adhésion au projet que je viens de vous présenter, nous proposons dans les trois mois à venir de dessiner collectivement la trajectoire qui permettra de mettre en œuvre ces mesures et d’atteindre ces objectifs. Nous le ferons avec vous et avec la population qui attend d’être considérée et écoutée. Nous le ferons en rapprochant l’institution des territoires et en créant cette proximité qui manque cruellement aujourd’hui.

C’est ainsi que nous respecterons les spécificités des territoires qui font la richesse de notre Métropole et que nous répondrons aux besoins de toutes les populations. C’est ainsi que nous répondrons efficacement à toutes les urgences auxquelles nous faisons face. C’est ainsi que nous contribuerons à renforcer notre démocratie locale aujourd’hui fragilisée. »

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