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Pauline Ségard : « Misez sur l’intelligence collective… votez pour nous ! »

Pauline Ségard, 33 ans, est notre candidate tête de liste pour ces élections municipales. A trois semaines du premier tour, elle revient sur le projet de notre collectif pour Villeneuve d’Ascq, et partage un peu de son parcours personnel, professionnel et militant. 

Comment auriez-vous envie de vous présenter à un Villeneuvois qui ne vous connaîtrait pas encore ?

Pauline Ségard : Je suis villeneuvoise depuis l’âge de 10 ans. J’ai vécu plusieurs années ailleurs pour mes études (NDLR. à Bordeaux, Montréal et Paris) avant de revenir m’installer à Villeneuve d’Ascq il y a quatre ans. C’était un vrai choix de ma part, parmi toutes les possibilités qu’offre la métropole et malgré le fait que je travaille à Lille chaque jour. J’associe notre ville à une vraie qualité de vie, et aussi à de nombreux souvenirs positifs. Ado, j’ai pratiqué la gymnastique rythmique au VARS, au sein duquel j’ai remporté de belles victoires et noué de grandes amitiés. J’ai fréquenté le collège Rimbaud et le lycée Queneau où j’ai été très heureuse, et ai beaucoup profité des politiques dynamiques en faveur de la jeunesse, notamment en partant en colonie de vacance, puis en devenant moi-même animatrice.

A côté de ça, je me passionne pour la politique depuis toujours. D’abord parce que j’ai grandi dans une famille très engagée, dans laquelle l’on aime débattre et où les dîners sont souvent très animés ! Dans mes groupes d’amis, on m’a d’ailleurs toujours considérée comme celle qui s’indigne, celle qui débat, qui argumente et qui refuse de se résigner devant l’injustice ! Ce tempérament s’est clairement traduit dans mes choix d’études : j’ai fait un cursus de sciences politiques à l’IEP de Bordeaux, suivi d’un doctorat, toujours en sciences politiques. Aujourd’hui, je travaille comme collaboratrice d’un groupe d’élus à la Métropole Européenne de Lille et à la Ville de Lille.

Ce boulot m’a permis d’acquérir une connaissance fine des collectivités et du territoire. J’ai travaillé avec de nombreux élus, des agents territoriaux, des représentants de la société civile, en particulier du monde associatif.  J’ai eu la chance de le faire à l’échelle métropolitaine, qui ne cesse de prendre de l’importance. Bientôt, la MEL comptera 95 communes ! Son poids dans les politiques publiques locales et sur le quotidien des métropolitains est considérable… même si chaque ville conserve ses spécificités.

Après six mois de réflexion collective, de débats et d’échanges souvent passionnés, vous présentez aujourd’hui le programme de votre collectif. Un projet ambitieux pour Villeneuve d’Ascq, résolument solidaire, écolo et citoyen. Si vous deviez le résumer en quelques mots ?

Pauline Ségard : Je dirai que c’est un programme qui reflète bien notre diversité ! Chacun est arrivé au sein du collectif avec ses propres préoccupations. Chacun avait son propre bagage personnel, militant, ses centres d’intérêt, sa sensibilité… et la force de notre programme est d’avoir réussi à tenir compte de toute cette diversité.

Le grand dénominateur commun, c’est de vouloir répondre de manière franche et radicale aux urgences climatiques, sociales et démocratiques. C’est aussi d’envisager les trois comme un tout indissociable. Au sein du collectif, nous sommes tous convaincus qu’il ne pourra jamais y avoir de justice climatique sans justice sociale, et qu’il n’y aura pas de justice sociale sans justice démocratique ! Nous sommes certains que pour répondre aux défis qui s’imposent à nous, il va falloir une vraie coopération de chacun. Nous ne réussirons rien en imposant par le haut, c’est en construisant ensemble que ça va marcher ! Et pour y arriver, nous allons d’abord devoir créer les conditions qui permettront à tout le monde de se parler. Car pour l’instant, à Villeneuve d’Ascq, elles n’existent pas ! 

Un programme, ça peut sembler abstrait… comment allez-vous le mettre en œuvre dans cette mosaïque de quartiers si différents qui forment notre ville ?

Pauline Ségard : Pour faire vivre les quartiers dans toute leur diversité, pour respecter leurs spécificités et leurs besoins particuliers, on mise vraiment sur un renouvellement du Conseil municipal, et sur le fait de dynamiser fortement la démocratie locale. Nous voulons que les habitants de tous les quartiers puissent être associés à la gestion des affaires de leur ville. C’est indispensable pour que les politiques que nous mènerons répondent vraiment à leurs besoins et attentes, qu’ils soient transversaux ou plus spécifiques… et aussi pour que le changement soit vécu comme quelque chose de positif !

"Nous voulons que les habitants de tous les quartiers puissent être associés
à la gestion des affaires de leur ville"

Je m’explique avec un exemple : la question du stationnement automobile. Elle est très délicate, et c’est normal : avec le stationnement, on touche à la capacité des gens à se déplacer, à des tas de mythes autour de la voiture et des libertés individuelles… Il y a aussi la question du stationnement sauvage, qui soulève celle du partage de l’espace public. Pour notre santé à tous, pour le climat, pour notre qualité de vie, nous sommes convaincus qu’il faut contraindre davantage l’usage de la voiture dans notre ville, et donc aussi contraindre le stationnement… Mais comment s’y prendre ? Si on impose les choses, on devra faire face à une levée de boucliers bien compréhensible. Pour éviter ça, la solution passe par l’implication des habitants : dans chaque quartier, avec leur aide, il faudra faire un diagnostic précis. C’est à cette condition seulement qu’on pourra mettre en œuvre des mesures vraiment adaptées, qui tiennent compte des contraintes des gens et qui ne leur compliquent pas la vie… pour que tout le monde en sorte gagnant, et que personne ne se sente « puni ».

Quel diagnostic posez-vous sur la gestion municipale actuelle à Villeneuve d’Ascq ? En quoi êtes-vous les mieux armés pour répondre aux défis actuels ?

Pauline Ségard : D’abord, je dirai que nous voulons gouverner collégialement. Le Maire actuel gouverne de manière très verticale. Ce que je dis n’a rien d’une critique personnelle, c’est de l’ordre du constat. Gérard Caudron est un homme doté d’un certain charisme, qui a beaucoup de présence… Le pendant négatif, c’est qu’il est craint. Par des agents de la mairie, des élus, des citoyens. De mon point de vue, ce n’est pas quelque chose de sain !

Nous, nous voulons instaurer plus de collégialité à l’intérieur du Conseil municipal, en créant par exemple des pôles transversaux. Ces pôles seront composés de petits groupes d’élus qui travailleront sur certains thèmes spécifiques, sans nécessairement que le Maire n’y participe. On veut une gouvernance horizontale et partagée !

Il faudra aussi faire plus de place à l’opposition, qui représente une partie des Villeneuvois. Une marge de manœuvre pourra lui être laissée pour lui permettre de faire des propositions qui entrent dans le cadre de notre projet et pour qu’elles soient mises en œuvre.

"Je suis convaincue que tout le monde peut aller dans le sens de l’intérêt général, à condition de développer les lieux de dialogue et l’éducation populaire. "

Notre Conseil municipal à nous pourra aussi être interpellé directement par les citoyens. On veut organiser à l’échelle de la ville une vraie concertation avec les habitants, massifier et valoriser l’initiative citoyenne.  Nous allons à la fois permettre aux gens de proposer des projets pour la ville, pour leur quartier…. Et leur donner les ressources nécessaires pour les mettre en œuvre.

La Municipalité actuelle n’a pas du tout cette culture. On l’a bien vu après la publication de l’Interview de Jean-Louis Serre sur notre blog. Le Maire a réclamé un droit de réponse pour revendiquer le fait que la ville était précurseure sur le sujet… Notre propre réponse a montré que ce n’était pas le cas et que nous avions pris un vrai retard par rapport à d’autres villes. Au-delà de  Lille, qui en est à son deuxième budget participatif,  des villes comme Loos-en-Gohelle, Kingersheim ou Saillans sont beaucoup plus novatrices en matière de démocratie participative et délibérative.

Il y a quelque chose qui me gêne profondément dans ce refus de la municipalité actuelle de faire plus en matière d’implication des citoyens : c’est l’idée que « eux », les élus, savent ce qui est bon pour les Villeneuvois, que les habitants ne verraient que leurs intérêts particuliers et qu’ils ne seraient donc pas aptes à intervenir de la « bonne » manière dans les affaires de leur ville. Moi, je suis persuadée du contraire. Je suis convaincue que tout le monde peut aller dans le sens de l’intérêt général, à condition de développer des lieux de dialogue et l’éducation populaire.  

Ce collectif qui porte le programme, ces femmes et ces hommes qui l’ont pensé, construit avec les Villeneuvois, voulu avec vous forment aujourd’hui votre liste pour les élections municipales… Qu’auriez-vous envie de nous dire d’eux ?

Pauline Ségard : Ce qui me vient en premier à l’esprit, c’est que nous formons une équipe soudée malgré nos différences et que nous nous sommes enrichis de cette hétérogénéité. Une des choses qui nous rassemble, une des valeurs fondamentales que nous partageons, c’est le souci de l’intérêt général.

Je sais aussi que les femmes et les hommes de la liste porteront le programme avec énergie et avec conviction, parce qu’ils ont participé à chaque étape de son élaboration. Ils ont envie de voir évoluer les choses dans leur ville et on peut compter sur eux pour se montrer dignes de la mission que les Villeneuvois voudront bien nous confier.

Depuis septembre, les militants qui se prêtent au jeu du « portrait villeneuvois » répondent tous à la même question finale : « Pourquoi avez-vous été sensible à la démarche de notre collectif, pourquoi la soutenez-vous ? Que pourriez-vous dire à un Villeneuvois qui hésiterait à vous rejoindre ? »… La vôtre sera légèrement différente : qu’auriez-vous envie de dire à un Villeneuvois qui hésiterait encore à voter pour vous ?

Pauline Ségard : Je lui dirais d’oser nous faire confiance, d’oser faire confiance à l’intelligence collective… Je lui dirais d’oser voter pour un projet qui porte une véritable transformation de notre ville qui sera favorable à toutes et tous, et qui répondra vraiment à l’urgence climatique. Nous ne prendrons pas de mesures cosmétiques et ne cèderons pas à la tyrannie du court-terme. Je lui dirais d’oser voter pour un projet qui va permettre de renouveler notre jeune ville, qui s’est un peu endormie sur ses lauriers verts. Villeneuve d’Ascq a déjà énormément d’atouts, mais elle a besoin de s’en créer de nouveaux. Misez sur notre projet ! Il est enthousiasmant et positif. Il invite à l’émancipation et permettra à chacun d’être entendu, de trouver sa place et d’agir pour le bien commun. 

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