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Pauline Ségard : « Notre liste porte le seul projet d’écologie sociale pour Villeneuve d’Ascq. Ne vous y trompez pas dimanche. »

A deux jours du second tour des élections municipales, nous retrouvons Pauline Ségard pour le dernier « portrait Villeneuvois » de cette campagne. Elle revient sur les leçons politiques à tirer de la crise sanitaire du Covid-19, forte d’une conviction plus solide que jamais : celle que notre collectif est le seul à même de porter le projet de transformation écologique et sociale dont notre ville a tant besoin. 

On vous retrouve après une crise sanitaire sans précédent qui secoue encore le monde entier, et dont les lourdes répercussions économiques se font déjà sentir. Vous terminez votre campagne pour le second tour, qui se tiendra dimanche. Quelles leçons politiques tirez-vous de cette période si particulière ?

Pauline Ségard : Les leçons à tirer sont nombreuses. D’abord, je tiens à dire qu’au niveau de la municipalité, aucune décision aberrante n’a été prise. En revanche, cette crise a révélé quelque chose de très important : Villeneuve d’Ascq n’est pas armée pour faire face à un choc de cette ampleur.

Face à cette situation, il aurait fallu plus d’inventivité, de réactivité… d’énergie. La ville a proposé des choses, mis en place des aides financière, acheté des masques. Alors que certaines communes ont saisi l’occasion pour vraiment essayer de partager différemment l’espace public, Villeneuve d’Ascq a agi timidement, à dose homéopathique, avec une unique piste cyclable créée le long de l’avenue du Pont de Bois. Il y avait tellement plus et mieux à faire !

Ce dont je suis convaincue, c’est que l’imagination n’est jamais aussi fertile que lorsqu’on travaille collectivement, qu’on se confronte, qu’on réfléchit à plusieurs. Aujourd’hui, on ne peut que regretter encore plus la très faible place accordée à la participation citoyenne dans notre ville. Au moment de la réouverture des écoles, il y a bien eu une tentative de consulter les parents par mail. Mais d’abord tout le monde ne l’a pas reçu, et surtout il s’agissait d’une simple consultation individuelle, très loin de quelque chose de participatif. Les commerçants non sédentaires, eux, n’ont même pas été consultés pour préparer la réouverture des marchés !

"Nous assumons pleinement le fait qu’il faille prendre un vrai virage dans nos manières de faire… et pas simplement relancer la machine !"

Une autre leçon politique à tirer de cette crise nous est venue en observant ce qui s’est passé dans les cantines scolaires. Pendant plusieurs semaines après la réouverture des écoles les élèves n’ont eu pour tout repas de midi que des pique-nique composés de sandwichs et de chips. Seuls des repas froids leur sont désormais offerts. C’est très regrettable, et cela confirme le fait que continuer à offrir des repas équilibrés aux enfants, même dans un contexte compliqué, c’est beaucoup plus facile lorsqu’on a la main sur le service et qu’on ne dépend pas d’un prestataire extérieur.

Mais un des principaux enseignements pour nous, qui est aussi une des principales différences entre nous et les autres, c’est le fait que nous assumons pleinement le fait qu’il faille prendre un vrai virage dans nos manières de faire… et pas simplement relancer la machine ! Nous, nous voulons reconstruire autrement, pas « relancer » un mode de fonctionnement défaillant. Et nous voulons le faire dès maintenant, pas dans un futur hypothétique.

La crise a-t-elle fait évoluer le programme que vous proposez aux Villeneuvoises et aux Villeneuvois et si oui, de quelle manière ?

Pauline Ségard : Nous avons complété notre programme de mesures spécifiques, destinées à mieux affronter la crise… Mais cette crise, elle nous a surtout plus que jamais confortés dans nos convictions. D’abord, celle qu’il faut gouverner la ville autrement, et le faire vraiment avec les citoyens. C’est une forte attente des Villeneuvois, chez lesquels nous avons senti beaucoup d’agacement sur le sujet.

Si nous avions été aux manettes dans la gestion de la crise, nous aurions beaucoup plus travaillé dans ce sens-là, en organisant notamment une grande concertation sur l’organisation de la rentrée. Ça aurait permis de mutualiser et de mettre à profit les idées et les besoins des équipes pédagogiques, des parents et des enfants. De manière générale, je pense qu’il aurait été précieux d’associer à la réflexion les conseils de quartier, les associations, les réseaux de solidarité de notre ville… Ce sont des relais indispensables pour cerner correctement les besoins de la population et y répondre de manière appropriée.  

"Cette crise nous a confortés dans la conviction... qu'il faut gouverner la ville autrement, et le faire vraiment avec les citoyens"

Un point de programme que nous avons renforcé, car ce sera indispensable pour faire face à la crise, ce sont les mesures de lutte contre les exclusions et la précarité. A Villeneuve d’Ascq, 19% de la population vit déjà sous le seuil de pauvreté. Pour cette population, pour lui garantir des conditions de vie dignes, nous voulons expérimenter un revenu minimum garanti. Nous voulons aussi contribuer à changer notre rapport au monde et au travail en favorisant le commerce de proximité et l’économie sociale et solidaire.

Parmi les personnes qui ont le plus souffert du confinement, on l’a vu, il y a les personnes qui sont mal logées, dans des habitats insalubres, trop petits, inadaptés à leurs besoins. Outre les aides à la réhabilitation que nous voulons défendre, nous souhaitons que les personnes qui ont perdu des revenus à cause de cette crise bénéficient d’une aide renforcée pour payer leur loyer. Nous défendrons également la création d’une bourse au logement entre les bailleurs sociaux. Le but sera de permettre aux gens qui ont besoin de changer de logement social de pouvoir le faire beaucoup plus facilement qu’aujourd’hui.

Pour ce second tour, votre liste a été rejointe par « Décidez vous-mêmes pour Villeneuve d’Ascq ». Pouvez-vous nous en dire plus ? Pourquoi ce choix ?

Pauline Ségard : Nous étions déjà très proches de cette liste avant le premier tour. Il y a eu beaucoup d’échanges avec eux, de rencontres, de discussions. Le départ ensemble n’a pas pu se faire dès le début. Nous voulions faire les choses bien, respecter les approches de chacun et surtout éviter tout bricolage. Pour le second tour, nous n’avons pas touché à notre programme, mais nous l’avons enrichi de plusieurs mesures tirées de celui de « Décidez-vous-mêmes pour Villeneuve d’Ascq » qui s’y sont intégrées tout à fait naturellement. Et puis nous leur avons fait de la place sur la liste, à hauteur de leurs résultats au premier tour. C’est totalement raccord avec notre volonté de rassembler toutes les personnes convaincues qu’il y a urgence à changer la manière de gouverner dans notre ville, car ils en font totalement partie. Avec cette fusion, nous avons pris nos responsabilités et nous sommes fiers du message fort que nous envoyons aux électeurs.

Pourquoi est-il plus important que jamais de voter pour vous dimanche ?

Pauline Ségard : Tout ce que l’on sait déjà des origines de la crise du Covid-19, notamment son lien avec la destruction des écosystèmes et du vivant, a conforté les diagnostics de notre collectif au niveau local. Nous avons vu juste lorsque nous avons pointé les fragilités de notre ville, et nous en sortons encore plus convaincus que les solutions que nous proposons sont les bonnes. Plus que jamais, partout, nous devrons apporter une attention aigue à la biodiversité et faire davantage de place à la nature dans la ville.

Par ailleurs, exactement comme pour la crise climatique, les premiers exposés à la crise du Covid, les premiers à en souffrir seront les plus fragiles et les plus précaires. Ceux qui souffrent de maladies chroniques. Ceux qui vivent dans des logements trop petits ou inadaptés. Ceux qui ont perdu leur emploi ou qui vont le perdre. C’est une confirmation supplémentaire qu’il est plus que jamais urgent de lutter politiquement pour réduire les inégalités sociales, et que les questions sociales et écologiques sont indissociables.

Le mandat qui s’achève n’a vu aucune décision structurante être prise pour engager résolument notre ville dans la transition. Nous sommes les seuls à même d’engager cet immense chantier à Villeneuve d’Ascq, et les seuls à vouloir l’engager dès maintenant. Notre ville a déjà pris du retard. Ne vous y trompez pas dimanche. C’est vraiment le moment !

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