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Pour un déconfinement citoyen, écolo, solidaire

L’imminente fin du confinement n’est pas la fin de la crise sanitaire. Le 11 mai, c’est demain. Il est indispensable de réorganiser la vie villeneuvoise de manière à répondre aux impératifs sanitaires du déconfinement, pour que chacune et chacun puisse reprendre autant que possible une vie normale en toute sécurité et en toute confiance et apprenne à cohabiter avec le virus.

La réouverture des écoles

La réouverture des écoles ne se fera pas avant le 18 mai à Villeneuve d’Ascq. Les directeurs et directrices d’écoles manquent d’information et n’ont pas été réuni·e·s alors que ça a été le cas ailleurs. Nous espérons que cela sera le cas rapidement, pour apaiser les craintes, faire jouer l’intelligence collective et échanger directement sur les difficultés rencontrées par les uns et les autres. Il en va de l’intérêt commun des enfants, des parents, des enseignant·e·s et de tous les personnels intervenants.

En concertation avec les enseignants, qui doivent rester maîtres des mises en œuvre à leur échelon, la Ville pourrait d’ailleurs plus généralement initier une mutualisation des solutions face aux nombreuses difficultés que rencontrent et que vont continuer de rencontrer les équipes pédagogiques. Dans ce contexte inédit et imposant de lourdes responsabilités, il importe de trouver collectivement des solutions pour simplifier la vie des enseignant·e·s qui ont déjà beaucoup donné depuis le début du confinement

D’autres villes ont décidé de prioriser le retour en classe des enfants en décrochage scolaire et les enfants des parents n’ayant pas d’autres choix. Le communiqué de la mairie indique prioriser les enfants dont les parents travaillent et n’ayant pas d’autre possibilité que de remettre leurs enfants à l’école. Nous nous interrogeons sur les conséquences de ce choix en termes d’aggravation des inégalités scolaires.

Pour faciliter le respect de la distanciation physique devant les écoles, nous proposons la piétonnisation de toutes les rues d’école aux heures d’entrée et de sortie.

Repenser le partage de l'espace public

De manière générale, nous appelons à repenser dès maintenant le partage de l’espace public entre ses différents usages pour faciliter la reprise progressive de la vie collective. Actuellement, l’emprise considérable de la voiture sur l’espace public empêche de donner plus de place aux piétons et aux cyclistes. C’est bien d’une question de santé publique dont il s’agit : 

  • pour respecter les règles de distanciation physique (trottoirs trop étroits) et assurer la sérénité de chacun dans ses déplacements (crainte de la promiscuité dans les transports en commun),
  • pour limiter la pollution de l’air, facteur aggravant des problèmes respiratoires et notamment du Covid-19, en favorisant les modes de déplacement non polluants,
  • pour valoriser les modes de déplacement actifs que sont la marche et le vélo, alors que le confinement a accru la sédentarité de nombre de Villeneuvois·e·s.

D’autres villes de la Métropole ont déjà annoncé et mis en œuvre des aménagements dit d' »urbanisme tactique », qui sont des aménagements provisoires, expérimentaux et peu coûteux. Ils permettent à la fois de répondre aux impératifs de la crise sanitaire et de la crise climatique et environnementale auxquelles nous sommes confronté·e·s, en initiant enfin une transition en matière de déplacements urbains.

C’est pourquoi nous proposons :

  • la création immédiate d’aménagements cyclables continus et sécurisés : sur tous les 2×2 voies (le boulevard de l’Ouest notamment) en neutralisant une voie dans chaque sens, sur tous les itinéraires identifiés par l’ADAV et par la FUB lors de l’enquête Parlons Vélo, qui repose sur les besoins des usagères et des usagers,
  • le passage à 30 km/h dans l’ensemble de la Ville et la création de zones de rencontre (vitesse limitée à 20 km/h et priorité aux piétons et aux cyclistes) dans les cœurs de quartier et les rues marchandes (par exemple rue Pasteur et place de la République à Annappes, rue Gaston Baratte à Ascq, boulevard Bizet à Résidence, rue Jean Jaurès au Breucq, rue du 8 mai à la Cousinerie, etc.),
  • la neutralisation des places de stationnement automobile devant tous les commerces pour permettre l’élargissement des trottoirs, 
  • la sensibilisation des entreprises du territoire villeneuvois dont les salarié·e·s ne peuvent faire de télétravail au décalage de leurs horaires pour atténuer le phénomène des heures de pointe dans les transports en commun.

L’intérêt de ces aménagements provisoires est de pouvoir être expérimentés immédiatement et à peu de frais. Ils devront être évalués de façon concertée, modifiés si besoin, pérennisés en fonction de leur efficacité. Ils devront être associés à des mesures d’accompagnement à l’usage du vélo (aide à l’achat de vélo, installation de garages à vélo sécurisés dans tous les quartiers, etc.). Osons l’expérimentation de ces aménagements, osons offrir aux Villeneuvoises et aux Villeneuvois des moyens sûrs de se déplacer autrement au bénéfice de leur santé !

La difficulté de se fournir en masques

Sans minimiser les efforts de la municipalité pour s’en procurer, la question des masques est l’une des principales préoccupations du moment. L’appel à coudre des masques a confirmé la capacité de nombre de Villeneuvois·e·s à se montrer solidaires, et c’est une bonne chose. Cette initiative aurait pu être complétée par une commande de la ville en direction des TPE et PME du territoire qui auraient pu prendre en charge une petite partie des besoins, de façon rémunérée et de manière à atténuer leurs difficultés en ces temps de ralentissement voire d’arrêt total de leurs activités.

Par ailleurs, il s’avère plus difficile que ce qui est dit d’acheter des masques. Beaucoup de citoyens risquent de se retrouver dans l’incapacité de faire face à l’obligation d’en porter dans différents lieux et notamment dans les transports en commun. Or il est indispensable, pour éviter l’explosion du trafic automobile, de rétablir la confiance dans ce mode de transport. Cela passe par un rétablissement au plus vite des capacités des transports en commun, afin d’y faciliter le respect de la distanciation physique.

Tirer parti de l'intelligence collective

Enfin, la crise sanitaire que nous vivons nous invite à repenser notre façon de faire société. Plus que jamais l’association des Villeneuvois·e·s et des Villeneuvois à l’élaboration et à la décision des politiques publiques se justifie : pour que chacun s’approprie mieux les décisions prises, imaginer la suite, continuer à vivre ensemble avec et malgré le virus, pour adapter notre ville à la crise actuelle et aux chocs à venir, il nous faudra mobiliser toutes les imaginations et tirer parti de notre intelligence collective. 

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