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Vincent Loiseau : « Pour être en phase avec sa jeunesse, Villeneuve d’Ascq doit se « dépoussiérer » !

Vincent Loiseau habite Villeneuve d’Ascq depuis 2000. Aujourd’hui chargé d’insertion dans une importante association du Nord, il a fait ses classes pendant 12 ans à l’AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville). L’occasion d’accompagner plus de 1000 étudiants dans des missions de bénévolat, de service civique ou de Service Volontaire Européen. Ce dynamique travailleur social, qui est également père de deux ados de 14 et 16 ans, partage avec nous sa vision des politiques publiques locales en faveur de la jeunesse… et des jeunes d’aujourd’hui en général !

Quelques mots à dire sur la jeunesse villeneuvoise, ses particularités, ses besoins spécifiques ?

Vincent Loiseau : La jeunesse villeneuvoise est assez hétérogène ! On a d’un côté une jeunesse plutôt privilégiée à Villeneuve d’Ascq, mais aussi une autre, qui est beaucoup plus en difficulté, dans des quartiers comme Résidence ou Pont-de-Bois. Je crois aussi qu’on a une jeunesse très mobile, très dynamique, qui se voit davantage comme une jeunesse de la Métropole lilloise que comme spécifiquement villeneuvoise. Je le vois bien avec mes fils et leurs amis, ils sont vraiment sur une échelle plus vaste : quand ils sortent faire un tour, ils prennent leur carte de transports en commun, montent dans un métro et « La Métropole est à nous ! »

Vous êtes Villeneuvois, travailleur social habitué à œuvrer pour et avec les jeunes, père d’ados… quel regard portez-vous sur les politiques municipales actuelles en faveur de la jeunesse à Villeneuve d’Ascq ?

Vincent Loiseau : Villeneuve d’Ascq propose beaucoup de choses de grande qualité à destination de la jeunesse. On a de formidables centres d’Accueil et de loisirs, comme le centre Charlie Chaplin, avenue Champollion dans le quartier Château. Des colonies de vacances en été. Une belle médiathèque, très investie par les jeunes. Une offre sportive très riche, beaucoup d’associations. La ville rassemble d’ailleurs toute cette offre dans un guide papier édité chaque année.

D’après vous, qu’est ce qui manque là-dedans et surtout, que pourrait-on faire de plus pour nos jeunes ?

Vincent Loiseau : Dans l’ensemble, et j’insiste, le bilan est bon ! De mon point de vue, le gros bémol, c’est vraiment l’information, sa centralisation et sa diffusion. Cette année, en juin, la ville a organisé une journée de la jeunesse : il n’y avait personne ! Les Conseils de jeunesse, c’est intéressant mais ils peinent à recruter et à se rendre visibles. Ça peut s’expliquer : la Tribune et Facebook, ce ne sont pas des outils de communication qui parlent aux gamins d’aujourd’hui. Il est temps que la Ville s’empare efficacement des réseaux sociaux et du digital pour aller chercher ce public, parce que c’est bien là qu’il est : sur Instagram, sur Twitter, sur Snapchat !

Villeneuve d’Ascq a vraiment besoin de se mettre à la page. Ça vaut également pour l’offre de services qu’elle propose à la jeunesse. Pour faire des événements innovants et qui marchent à tous les coups, il faudrait oser miser sur les sujets qui passionnent les jeunes aujourd’hui : le digital, pourquoi pas le rétro-gaming ou l’univers des Makers… Ce sont des choses qui se font déjà ailleurs. J’ai en tête l’exemple des centres socioculturels Belencontre et Phalempins, à Tourcoing, qui travaillent ces thématiques et sont cités en exemple dans toute la MEL. On a aussi une vraie carte à jouer en créant davantage de liens avec les grosses universités que l’on a la chance d’avoir sur le territoire de la Ville.

Pourquoi avez-vous été sensible à la démarche "Villeneuve d'Ascq citoyenne, écolo, solidaire" ? Pourquoi la soutenez-vous ?

Vincent Loiseau : Au sein du collectif, j’ai trouvé une qualité de dialogue, une ouverture et un respect de chacun qui s’exercent vraiment en dehors des étiquettes politiques et des appartenances de parti. « Démarche citoyenne » ce n’est pas qu’un joli mot, on le vit tous les jours pendant notre campagne. En tant que citoyen non carté qui tient à le rester, j’apprécie énormément et ça me motive encore plus à m’investir.

Au départ, mon arrivée au sein du Collectif s’est faite sous l’influence de Marc Perrillat, un voisin et ami qui m’y avait précédé. Mais j’avais un terrain favorable : j’ai vraiment à cœur, et depuis longtemps, de voir Villeneuve d’Ascq renouer avec son passé de « ville nouvelle » en devenant un laboratoire de l’écologie et de la solidarité. Je veux qu’on change radicalement de politique sur ces sujets-là, et je sais que c’est possible car d’autres l’ont fait avant nous, comme Grenoble, ou Grande-Synthe dans la région.

Je veux aussi qu’on agisse maintenant… et pas en 2050 ! Voir mes fils manifester pour le climat, et m’interpeller là-dessus, ça m’a renvoyé à ma responsabilité et ça m’a poussé à m’engager moi aussi. Et puis, les élu-es qui gèrent nos territoires aujourd’hui ne seront plus là pour subir les conséquences des politiques qu’ils mènent… Il est grand temps d’en changer !

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